Choix de vie.
On est obligé de faire des choix… On n’a pas le choix. On aurait vraiment le choix que si on avait pu décider d’exister. Etant enfants, pas trop de soucis, dès qu’on a un problème, il y a toujours nos parents ou des « grands » pour nous départager, voire nous aider à faire le bon choix avec un : « Mais pourquoi tu préfères le bleu ? Le vert est quand même plus beau, non ? ». Et nous voilà conditionné à aimer le vert plutôt que le bleu. Jusque là, la vie est simple et belle. Même nos hobbies sont en grande partie décidés par nos aînés.
Je ne peux affirmer que c’est entièrement le cas de tous, mais si nous n’avions pas calqué le monde qui nous entoure, à savoir les personnes qui se préoccupaient de nous, nous ne serions pas à même de pouvoir lire ceci. Tout simplement. Et quoique l’on veuille, notre enfance est une référence de qualité pour comprendre notre dépendance à refaire toujours les mêmes sortes de choix de vie.
Les premiers choix sont des plus cons. « Waaaah plein de jouets ! Mais lequel demander à Saint Nicolas ? Le train électrique ou les dominos avec le tracteur qui les pose automatiquement ? » Et pourtant on y attache toujours une telle importance ! Une première fois est tellement magnifiée. Après ça, on devient blasé, on n’y prête plus d’attention et les pires horreurs peuvent devenir une banalité. Comme les meilleures choses !
Revenons à nous, enfants. Avec un peu de chance, on peut choisir entre faire du foot ou de la clarinette. Parfois on fait le choix mais les parents décident que ce n’est ni l’un, ni l’autre.
Yahooo, nous voici adolescents, la belle période. Et vlà que j’engueule mon père, qu

e je mets la pression sur ma mère, je veux faire du foot ! Je veux faire de la clarinette ! Vous ne m’en empêcherez pas ! Et nous voilà remis à notre place. On a mal, physiquement ou moralement, ça dépend des parents. Et c’est là qu’on se dit que le monde est cruel envers nous. Frustration, monde de merde, envoyer tout péter. C’est tellement facile, il y en a qui choisissent d’évacuer en pratiquant un art, en mangeant, en ne mangeant plus, en refoulant la famille, en s’amusant avec les potes, ou encore tout seul avec un compas…
Et vint le temps des hormones ! Ah ! P’tain ! C’est extraordinaire ! On en devient tout fou ! Osez-vous vous rappeler les milliards de conneries que vous avez faites pour la – ou les – personnes convoitées ? Quel turbo dans la vie ! Le monde gris n’est plus, il y a trop de couleurs c’est insoutenable ! Et d’autres ne s’en rendent pas compte mais ils choisissent intérieurement de se dévaloriser. Tout devient gris. Et même leur manière de draguer est grise. Ils s’en vont pleurnicher auprès de LA personne. Et bien oui ça marche parfois ! L’autre va venir nous consoler, hop un pti câlin, un pti bisou et voilà que l’on croit à la plus belle histoire d’amour. Histoire de pleurnicherie et de consolation à la base… Mais ce n’est pas mieux pour les autres. Voilà que l’on se met à sortir avec ses meilleurs potes ou encore à ne sortir avec personne pour être sûr de trouver LA bonne personne dès le début.
Mouais… Finalement, avant de consacrer sa propre personne à une autre, ne faudrait-il pas d’abord bien se connaître soi-même ?
Vive l’adolescence, plein de questions, plein de problèmes, plein de bonheur, de tests, de tristesse. Et cette période ne finit pas avec la majorité des 18 ans qui est visible sur la carte d’identité. Et puis ça ne sert à rien d’en dire plus. Malgré que nos parents nous aient dit que le feu brûle, on a tous été vérifier par nous-mêmes. L’expérience des autres ne sert pas à grand chose.
Mais revenons quelques mois en arrière, si le parcours scolaire s’est déroulé aussi vite que les « grands » (ah non, on ne les appelle plus comme ça maintenant…) le souhaitaient. Nous voici en rhétorique, prêt à affronter le plus grand choix de l’univers ! Sa propre vie est maintenant décidée à jamais ! Foutaises ! Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut dénigrer ce choix.
Plusieurs méthodes s’offrent à nous :
- On stresse dès l’âge de 16 ans et les parents nous disent « toi tu ferais un bon architecte. Oh mais tu as vu comment tu écris ? Un vrai écrivain » L’avantage, c’est qu’à cet âge-là, si ce sont nos parents qui le disent, on n’en tient pas compte. Mais s’il s’agit de quelqu’un d’autre…
- On y réfléchit tranquillement, sans se casser la tête, on est sûr de soi dès le début. Parfait, alors je ne peux que vous conseiller de quand même prendre le temps de s’intéresser à d’éventuelles autres possibilités. Sait-on jamais
- On est simplement en rhétos et on reçoit plein de courriers de plein de hautes école ou unifs. Ou peut-être pas de courrier. Il faut choisir, mais pour choisir, il ne faut pas se limiter à choisir dans un choix qui a déjà été effectué par quelqu’un d’autre !
Parce que finalement, le choix que l’on a au supermarché n’est que le choix que les chefs de rayon ont fait pour nous. C’est pas vraiment du choix, ça. Un vrai choix doit se faire en connaissance de cause, en ayant bien en tête un maximum de possibilités et pas simplement la brochure de l’UCL.
Et bien oui, il n’y a pas que le droit à Saint Louis, bio-ingénieur à Gembloux, ingénieur de gestion à l’UCL ou communication à l’IHECS. Il y a aussi moyen d’être horloger en Suisse, officier dans l’armée, concepteur de Formule 1, maître de l’univers, capitaine à bord du premier bateau capable de voler et pas l’inverse, tous les rêves sont permis !
Ma sœur Cindy que j’aime beaucoup m’a dit qu’il fallait être ce que l’on veut être, et qu’en ce qui concerne l’emploi, s’il n’existe pas, on se doit de le créer. Mais ce que l’on veut être n’est pas spécialement ce qu’on aime le plus faire, ce en quoi on a le plus de facilité ou encore ce en quoi tout le monde nous voit épanoui. C’est un devoir que d’être égoïste voire pris pour un fou que de ne pas tenir compte des autres mais de soi uniquement. Ce n’est pas parce que l’on est super bon en au théâtre, que l’on aime cela et que l’on est très bon que l’on doit d’office aller au conservatoire section théâtre. Peut-être que finalement, au fond de soi, on aimait bien ça pour le plaisir, mais pas pour en faire un devoir, une obligation, son seul moyen de gagner de quoi vivre ? Il y a toujours moyen de faire du théâtre à côté, à moindre niveau certes, mais avec plus de plaisir. Car ça restera un objet de plaisir et non pas de devoir. Mais peut-être vous sentez-vous aussi l’envie d’être musicien professionnel, parcourir le monde, ne jamais se lasser de sa musique, avoir un moment de gloire, l’aventure, la vie à 140% !
Nous devons prendre un maximum de facteurs en compte. Peut-être que l’horlogerie est ce qui nous convient le plus, il ne faut pas en avoir honte même si nos copains de rhétos commencent à se foutre de nos gueules. De toute façon, l’année d’après on ne les reverra plus, ou plus beaucoup, et quoique l’on veuille, on les oublie en fin de compte, au profit des nouvelles personnes que l’on côtoie, exception faites pour les bons amis que l’on s’est fait entre temps.
Une autre méthode, c’est de faire confiance à son instinct, ou encore de dire, viva la vida, je choisirai en août. Chacun sa méthode. Le tout, c’est de faire le bon choix, non pas qui suit la raison universelle, mais le choix qui nous convient le plus à nous.
Ce n’est pas facile, ça implique de bien se connaître. Et on ne se connaît bien que par les expériences de la vie, et celles qui marquent le plus sont aussi les plus dures à faire passer. L’adolescence est en grande partie là pour ça.
Mais ! Je parle d’études supérieures, mais est-ce indispensable ? Je ne pense pas. Il y a tellement de moyens d’affronter la vie. Seulement c’est dur de faire un tel choix à 18 ans. Ainsi, la plupart, s’ils le peuvent, le veulent et s’en sentent capables, vont faire des études. Et pas de bol, après 7 ans de médecine, Nous nous rendons compte que notre plus grand trip serait de faire reporter sur les tisseurs de laine du lac Titicaca, et de faire une émission du style Ushuaia. Alors là grand dilemme… Allons-nous avoir la force d’envoyer péter 7 ans d’études, l’espoir de tous les amis, parents, professeurs, de tous ceux qui nous ont encouragé à aller dans ce sens là et qui, pour la plupart, nous diraient que nous sommes vraiment les derniers des abrutis d’aller perdre notre temps à se les geler avec un caméraman sur un lac péruvien pour filmer des « locaux » en train de faire de la laine vendue à cinquante cents le mètre carré de l’autre côté de l’océan ? Dur dur… Peut-être n’oserons nous même pas en parler à qui que ce soit et finalement allons nous poser dans une petite baraque dans les rues de Bruxelles, poser notre plaque dorée avec le titre « Médecine Générale – Spécialisation dans les problèmes d’intestin – Docteur Dupont ». Avec quelques nuits des rêves ponctués de lamas et de maisons flottantes du lac Titicaca…
Et puis il y a le choix de tout envoyer péter en l’air. Méga dur alors là, chapeau bas à celui qui le fait. Parce qu’oser prendre la décision de ne plus être une rock star pour commencer à faire des contes pour enfants, c’est être détesté des millions de fans, être la risée de la planète entière et de ne même pas avoir la reconnaissance des enfants qui ne savent même pas le nom de l’auteur et qui s’endorment ou commencent une autre activité avant la fin de l’histoire.
Mais en fin de compte, les vrais amis, eux ils restent près de nous. Il y a tout à gagner, les étroits d’esprit sont rayés de la liste, et une flopée de nouveaux contacts apparait. Une nouvelle vie commence. Et pourtant il s’agit au fond de la même vie, puisque c’est la nôtre. De toute façon, il n’est pas impossible de ne pas mêler son « ancienne vie » avec la « nouvelle ». On pourrait très bien reprendre sa guitare électrique et se mettre à faire des musiques death metal pour enfants. Bon ok, j’abuse un peu, mais toutes les combinaisons sont possibles. Finalement, ce n’est que rejoindre ce que ma sœur m’a dit… On crée son propre emploi.
Il s’agissait là de choix de vie. Il y en a d’autres. Allons bon, allons nous vivre seul, ou bien en couple (voire à trois ou quatre). Des enfants ? C’est bien de penser à tout cela. Mais je crois qu’il y a moins de choix à faire sur ce point de vue là. Nous pouvons très bien être papa ou maman dans l’âme depuis nos 12 ans, l’amour ne se force pas. C’est un des facteurs aléatoires des plus importants. Bien sûr on peut le stimuler grandement. On peut choisir plein de choses. Mais les sentiments, cependant, ne se forcent pas. C’est un sujet trop vaste et trop personnel.
Etant donné que je dois bientôt aller manger et que j’ai fait le choix de ne pas étudier pour écrire ce texte à la place, je vais m’arrêter ici. Tout ça m’a l’air fort confus, il faudra que je le relise, sans le modifier, j’ai fait le choix de laisser tel quel mes notes issues du cœur.
En guise de conclusion, je dirais que rien n’est jamais acquis, et qu’il ne faut pas avoir peur de remettre ses choix sur le tapis. On n’a qu’une seule vie, autant la rentabiliser au maximum. Certains disent qu’ils n’ont plus le choix. Oui, ils ont des chaînes qui les ont obligés à devenir des esclaves d’un système tellement dévalorisant. Et bien, il y a toujours moyen de faire un choix. Mais nous connaissons-nous assez que pour pouvoir oser faire ce choix ? Tenons-nous bien compte de certains facteurs en laissant toujours une part à l’incertitude, bien sûr ? En avons-nous la force ?
Bonne chance à tous dans vos vies, je vous souhaite de faire les choix qui vous tiennent vraiment à cœur, d’être heureux selon votre vision du bonheur. =)
Jonathan